Thème 10016 : BABYLONE LA GRANDE
L'épithète " la grande " se retrouve chez les anciens écrivains (Pausanias & Strabon) et paraît avoir été une qualification ordinaire de cette ville. Elle méritait de titre d'honneur, plus que toutes les autres villes de l'antiquité auxquelles il est parfois donné.
# Jon 1:2 * Ninive
# Am 6:2 * Hamath
C'est ici que l'apôtre Jean a puisé le nom de " Babylone la grande " pour désigner la bête, le faux prophète, la prostituée et Rome, la ville de l'impie c'est à dire la papauté.
# Ap 16:19, 17:18, 18:2
Que j'ai bâtie...
La fondation de Babylone remonte aux temps qui suivirent le déluge.
# Ge 11:1-9
Nebucadnetsar avait considérablement embelli la ville ancienne et il avait de plus construit une ville nouvelle sur la rive orientale de l'Euphrate. Les inscriptions nous font connaître ce monarque comme un grand bâtisseur et nous parlent des immenses travaux qu'il exécuta dans et autour de la ville. Les ruines qui couvrent le sol se composent pour la plupart de briques marquées à son nom. Tous les écrivains anciens rendent témoignage de la magnificence de cette cité. Esaïe l'appelle " l'ornement des royaumes, la parure des Chaldéens ".
# Esa 13:19
Ses murs d'enceinte étaient peut-être ce qu'on y voyait de plus prodigieux; aussi étaient-ils rangés par les Grecs, avec les jardins suspendus, parmi les sept merveilles de l'univers. Construits en briques reliées par du bitume ils avaient, au dire d'Hérodote qui visita la ville après la conquête des Perses, 300 pieds de hauteur, 75 de largeur et 20 lieues de tour. Deux chariots attelés de quatre chevaux y passaient de front.
Le carré régulier formé par cette enceinte couvrait une superficie de 513 kilomètres, ainsi plus étendue que le département de la Seine et sept fois plus grande que l'enceinte fortifiée de Paris. Il est vrai que ce vaste espace était en partie occupé par des champs cultivés qui garantissaient des dangers de la famine. La ville elle-même était située des deux côtés de l'Euphrate; son centre devait se trouver là où s'élève aujourd'hui le village de Hillah. Elle était traversée du nord au sud par 25 rues parallèles, larges de 150 pieds, qui se croisaient à angles droits avec 25 autres rues aboutissant à 100 portes d'airain. Ces rues donnaient par leurs entrecroisements 625 places et 676 quartiers couverts d'habitations. Les maisons avaient de 3 à 4 étages. Les rues perpendiculaires au fleuve étaient fermées sur ses bords par des portes d'airain; le long des deux rives couraient des murs en brique qui reliaient les angles N-O et S-E de la grande muraille extérieure.
Les deux parties de la ville étaient mises en communication par un pont à piles de pierre de la longueur de 1 stade ( 185 m ). Les poutres qui en formaient le tablier étaient enlevées, le soir, pour que ce passage ne devînt pas le théâtre de brigandages nocturnes.
Sur la rive orientale (gauche) était la citadelle royale. On y a retrouvé les restes du palais de Nebucadnetsar, élevé par lui en quinze jours, suivant Josèphe, et les inscriptions. Treize hectares forment la surface de cet édifice magnifique. Près de là, se trouvaient les fameux jardins suspendus composés de terrasses superposées, dans les voûtes desquelles on pouvait circuler. Nebucadnetsar les construisit pour donner à son épouse Amytis, originaire du pays montagneux de Médie, l'image d'une montagne artificielle. La ruine de l'édifice des jardins suspendus présente aujourd'hui une surface de quinze hectares.
Enfin, à l'angle N-O de la ville, du même côté que le grand palais et les jardins suspendus était situé le grand temple de Mérodac le Jupiter chaldéen, l'un des plus anciens édifices de Babylone. Il est représenté aujourd'hui par la ruine nommée Babil, haute de 40 mètres et longue de 180, la plus imposante de toutes celles de Babylone. Sur la rive occidentale (droite) se trouvait le temple de Bel Nébo, tour colossale à sept étages et qui devait avoir 250 ( d'après d'autres 600) pieds de haut. Les ruines de cet édifice s'appellent aujourd'hui " Birs-Nimroud".
Esaïe en parle:
# Esa 46:1
Ce qui vient d'être dit suffit pour démontrer que cette ville offrait sur un seul point les monuments les plus imposants de la puissance de l'homme. Comme c'était Nebucadnetsar qui avait fait de Babylone la plus "grande cité" du monde et une "résidence royale" digne de lui et de son empire, son orgueil ne s'explique que trop aisément. Il éclate surtout dans ces mots: " par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence". Le propre de l'orgueil qui se divinise est de se considérer comme l'auteur, l'instrument et le but, en un mot comme le centre de tout. Le mouvement d'orgueil auquel le roi s'abandonna en cet instant ne fut d'ailleurs, dans l'ensemble de sa vie, que la goutte qui fit déborder le vase.
BABYLONE, capitale rayonnante des arts et des lettres.
Babylone, 605-562 av.J.C.
Babylone est détruite en 689 par les Assyriens, mais elle retrouve son indépendance vers 625-626 et connaît à nouveau la grandeur sous Nabuchodonosor II. Celui-ci veut faire de Babylone une métropole qui "dépasse en grandeur toutes les villes du monde connu" (Hérodote).
Nabuchodonosor II restaure ses monuments, fait renforcer et rehausser les murs de la ville et fait construire une fortification extérieure qui doit permettre de protéger la population rurale des environs de Babylone. Les portes de la ville sont agrandies et embellies. Celle du nord, la plus belle est dédiée à la déesse Ishtar, déesse de la Fécondité. Sa décoration de briques émaillées représentant des animaux symboliques, griffons et taureaux resplendit d'un bleu étincelant. Des appartements du palais royal, on accède aux "jardins suspendus" considérés par tous comme l'une des sept merveilles du monde. La végétation luxuriante et ces jardins cultivés sur les toits en terrasse, irrigués artificiellement et abondant en plantes exotiques forme un contraste saisissant avec la désolation du paysage environnant. La tour du dieu Marduk (la tour de Babel) atteint sa forme définitive sous Nabuchodonosor: Elle se compose de sept étages en forme de pyramide à degré s'amincissant vers le haut. L'étage supérieur abrite la " maison du mariage" du dieu. Au pied de la tour se trouve Esagila, grand temple du dieu Marduk, qui y est représenté sous forme d'une statue d'or. Babylone possède encore plus de cinquante temples, consacrés à divers autres dieux. La coutume veut que chaque Babylonienne s'offre une fois dans sa vie à un étranger dans le temple d'Ishtar, l'heureux invité payant pour cette éphémère union. - Chronique de l’Humanité, Pg 106 -
*** Les dates diffèrent de THE COMPANION BIBLE.