THEME 10045:  LES GRANDES PERSECUTIONS DU DEBUT  


1- Les premières persécutions:
     Les premières ont été suscitées par les chefs juifs, puis par le peuple dans son ensemble. Les autorités romaines ont d'abord observé une neutralité bienveillante. Quelquefois, elles ont été poussées par les juifs dans la voie de la violence.
    Sous Néron (52-68) éclata la première persécution officielle; elle est atroce par les supplices infligés, mais elle est locale et accidentelle. Paul, et peut-être Pierre en furent les victimes.
    Sous l'empereur Domitien (81-96) la persécution sévit de nouveau. Jean est envoyé dans les carrières de Patmos, mais il semble qu'il soit mort d'une mort naturelle.
-J.M. Nicole – Précis d'histoire de l'Eglise - Page 14.
Les persécutions par les juifs:
# Ac 9:23,12:3, 13:50, 14:2, 14:5, 14:19, 17:5, 17:13, 18:12, 20:3, 20:19, 21:11, 21:27
suite:
# Ac 23:27, 24:1-2, 24:9, 25:2, 25:7, 28:19, 2Co 11:24, 1Th 2:14-15

2- Persécutions occasionnelles
    Après les persécutions tout à fait accidentelles du premier siècle, nous entrons dans une période où, tout en restant occasionnelles, elles sont réglementées. La procédure est indiquée dans la correspondance de l'empereur Trajan (98-117) avec Pline, gouverneur d'Asie Mineure.
 - Décret de Trajan -:
     Tu as fait ce que tu devais faire, mon cher Pline, dans l'examen des poursuites dirigées contre les chrétiens. Il n'est pas possible d'établir une forme certaine et générale dans cette sorte d'affaires; il ne faut pas faire de recherches contre eux. S'ils sont accusés et convaincus, il faut les punir. Si pourtant l'accusé nie qu'il soit chrétien et qu'il le prouve par sa conduite, je veux dire, en invoquant les dieux, il faut pardonner à son repentir, de quelque soupçon qu'il ait été auparavant chargé. Au reste, dans nul genre d'accusation, il ne faut recevoir de dénonciation sans signature: cela serait d'un pernicieux exemple et contraire aux maximes de notre règne. - Réponse de Trajan à Pline - (Traduit par SACY).
     Les chrétiens sont des suspects. Il ne faut pas les rechercher. Mais si l'on en dénonce un, il doit se purger du soupçon d'athéisme ( en sacrifiant aux idoles ), de lèse-majesté ( en jurant par l'empereur ou en sacrifiant à l'empereur ), et de christianisme ( en reniant le Christ ).
     Le chrétien qui abjure est immédiatement libéré. Mais ceux qui persistent dans leur foi sont mis à mort: les citoyens romains sont décapités, les autres sont brûlés vifs, crucifiés ou jetés aux bêtes.
     Les femmes sont souvent  exilées ou vouées à l'infamie. Les assemblées chrétiennes pouvaient jouir parfois d'une certaine tolérance, mais elles n'avaient pas de statut légal et étaient à la merci de la première dénonciation venue.
     Parfois aussi les chrétiens étaient accusés de pratiques infâmes dans leur culte qui se célébrait à huis clos. Il est à remarquer que ce sont en général les empereurs les plus capables et les plus soucieux de l'ordre qui ont été les persécuteurs les plus violents.
     Au début du second siècle, Ignace fut martyrisé sous Trajan. Dans la seconde moitié du siècle, Marc-Aurèle (161-180) persécuta les chrétiens. Ses principales victimes furent Justin Martyr; et les martyrs de Lyon, l'évêque Pothin, la jeune Blandine, et l'esclave Bibliade, qui avait abjuré, mais qui sous la torture se souvint des peines de l'enfer, et mourut en confessant sa foi avec les autres. Au début du troisième siècle, Septime Sévère (193-211) fit tuer un certain nombre de chrétiens à Carthage,  entre autres Perpétue et l'esclave Félicité, et à Alexandrie.

 3- Persécutions générales -:
     La première, heureusement fort courte, eut lieu en 250 sous Décius (249-251). Beaucoup de chrétiens abjurèrent et sacrifièrent aux idoles; d'autres se firent donner des certificats de complaisance comme ayant abjuré, alors qu'ils ne l'avaient pas fait.
     La situation de ces lapis, déchus, posa de graves problèmes aux églises. D'autres encore s'enfuirent dans les déserts. Plusieurs supportèrent héroïquement la persécution et toutes les tortures; citons parmi eux Origène. Quelques années plus tard la persécution reprenait. Cyprien fut décapité. Puis l'Eglise eut environ quarante ans de paix.
     En 303 commença la persécution la plus féroce. Dioclétien, poussé par son gendre Galère (305-311), rêvait d'exterminer le christianisme. Par ses quatre édits successifs, il ordonna la destruction des édifices de culte et des livres sacrés, il fit emprisonner tous les ecclésiastiques, il fit torturer ceux d'entre eux qui n'abjuraient pas, et enfin il obligea tous les chrétiens à sacrifier aux idoles.
     Cette persécution dura dix ans, car ni l'abdication de Dioclétien, ni la mort de Galère, qui, malade fit demander les prières des chrétiens, ne l'interrompirent. Le nombre des victimes fut énorme, surtout en Orient.
     Enfin, en 313, le triomphe de Constantin rendit la paix à l'Eglise. Le paganisme était vaincu par la douceur. - J.M. NICOLE - Précis d'histoire de l'Eglise - Pages 23-24.