sacrificateur
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Lecture HEBREUX 4.14 à 5.10


L'auteur de l'épître aux hébreux nous a montré jusqu'ici Jésus supérieur aux anges, supérieur à Moïse, supérieur à Josué.


Nous allons à présent entrer dans la partie principale, la plus longue de cette épître, celle qui traite du sacerdoce de Christ, celle qui le considère en temps que souverain sacrificateur.


Il vous est certainement arrivé, en lisant les Ecritures, de penser que certains passages ne vous concernaient guère: en général des passages de l'Ancien Testament, et en particulier ceux qui se rapportent au culte juif, avec toutes ses ordonnances, ses sacrifices nombreux et complexes.


Pourquoi serions-nous intéressés par ces choses si particulières, si lointaines et qui n'appartiennent pas à notre culture ? On comprend sans peine que les juifs à qui cette lettre fut en premier adressée aient été très sensibles à ce que Jésus soit présenté comme souverain sacrificateur.


C'était une fonction qui faisait partie de leur vie sociale et religieuse depuis des générations et des générations.


Chaque Juif en avait connu au moins un, il pouvait associer un visage, un personnage revêtu d'habits magnifiques, une cérémonie solennelle, à ce titre.


Mais nous? Qu'on nous parle de Jésus comme d'un sauveur, comme d'un roi, comme d'un frère, comme d'un berger, comme d'un ami, comme d'un époux, cela nous est facilement accessible, ces relations existent dans presque toutes les cultures.


Cependant l'idée d'un souverain sacrificateur nous semble plus étrangère. C'est alors qu'il faut se rappeler que tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, et que si on néglige certains passages de l'Ecriture, on se prive de bénédictions qui nous appartiennent.


Pouvons-nous éprouver une grande joie en lisant ce verset 14 : Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, si l'idée d'un souverain sacrificateur ne représente rien pour nous ?


Or si Dieu a institué la fonction de sacrificateur, ce n'était pas uniquement en vue du cadre limité de la loi lévitique, c'est qu'elle correspond à un besoin fondamental de la race humaine, indépendamment des cultures et des religions.


II est donc indispensable que nous nous penchions d'abord sur ce que la Bible entend sous le mot de sacrificateur.


QU'EST-CE QU'UN SACRIFICATEUR ?


S'il est vrai qu'une des fonctions du sacrificateur est d'offrir des sacrifices, ce n'est pas ce que signifie originellement le mot dans la Bible.


Dans les versions anglaises, et dans d'autres versions françaises, sacrificateur est traduit par prêtre : Nous avons un grand prêtre excellent Jésus, qui a traversé les cieux (version Crampon).


C'est à cause de la connotation catholique de prêtre que les versions protestantes ont jugé bon de le remplacer par sacrificateur, mais le mot grec Iereus, n'a pas de lien étymologique avec sacrifice, il contient l'idée de sacré, de sacerdoce.


Il est intéressant de noter la première mention de sacrificateur, ou de prêtre dans la Bible. Genèse 14.18:


Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut.


Dans l'Ancien Testament le mot sacrificateur est la traduction de Cohen, qui n'a non plus pas de lien avec le mot sacrifice mais qui vient d'une racine signifiant médiation.


Melchisedek béni Abram, il dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre.


Un sacrificateur selon la Parole de Dieu est un homme qui sert de médiation entre Dieu et les hommes, un intermédiaire par lequel les hommes peuvent s'approcher de Dieu et être bénis.


Nous reconnaissons maintenant que cette idée est familière à toutes les religions et que s'il y a des prêtres servant de faux dieux, où de faux prêtres qui ne servent pas le vrai Dieu comme il le demande, la notion de prêtre à son origine vient de Dieu.


Ceux qui ne connaissent pas la Bible adoptent en général l'une ou l'autre de deux attitudes également fausses:


Soit ils se confient pour leur réconciliation avec Dieu dans les paroles ou les sacrements d'un homme aussi pécheur et aussi perdu qu'eux, qu'ils appellent prêtre.


Soit ils disent bien haut qu'ils peuvent, s'ils le veulent, s'adresser directement à Dieu, et qu'ils n'ont aucun besoin d'un autre homme comme intermédiaire.


Cette dernière idée est encore plus à redouter que la première ; sous une apparence de raison éclairée elle procède de l'orgueil et de la rébellion. Cela est d'ailleurs manifeste puisqu'ils ne s'approchent pas de Dieu pour autant.


Il n'est pas vrai, dans l'absolu, qu'un homme puisse s'approcher de Dieu sans un sacrificateur, sans un prêtre, pas même un vrai chrétien.


C'est oublier tout simplement une vérité essentielle: Jésus-Christ est un homme. Oui, mais Jésus-Christ dites vous est Dieu, donc si je m'adresse à Jésus, je m'adresse à Dieu.


Ce n'est pas parce qu'il est Dieu que Jésus est souverain sacrificateur, Christ a toujours été Dieu, mais parce qu'il est homme :


En effet tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes.


Il fallait que le Fils de Dieu devienne un homme, afin d'être notre grand prêtre excellent, notre grand souverain sacrificateur. Nous n'avons pas seulement besoin d'un sacrifice, d'une rançon versée pour le pardon de nos péchés, il nous faut aussi un sacrificateur qui se tienne entre nous etl'autel.


Souvent nous ne pensons qu'au rôle passif de Jésus sur la croix, comme victime propitiatoire, mourant à notre place, nous oublions son rôle actif de grand prêtre qui d'une main saisit la notre et de l'autre celle de Dieu.


Ce besoin d'un homme consacré à Dieu, exerçant un sacerdoce, se retrouve chez toutes les nations, il n'est pas exclusif au peuple juif. C'estpourquoi nous pouvons avec autant d'intérêt et de reconnaissance que ces chrétiens juifs dire:


Nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus. Chacun de vous peut-il dire avec confiance, j'ai un prêtre qui officie pour moi, je suis en paix avec Dieu?


Quelqu'un dira peut-être, mais enfin, pourquoi ne pourrais-je pas m'adresser à Dieu sans passer par un sacrificateur ?


La réponse est simple,le péché met une séparation entre nous et le Dieu saint, un pécheur n'a pas la liberté de s'approcher quand il le veut du Dieu Très-Haut, pas plus qu'un malfaiteur ne peut entrer quand il lui plaît dans le palais d'un roi et s'approcher de son trône.


Dès que le péché est entré dans le monde Dieu a établi des personnes mises à part, séparées des pécheurs, types de son Fils.


Abram, bien qu'appelé l'ami de Dieu, a accepté l'autorité de Melchisédek comme prêtre du Dieu Très-Haut. Mais la nécessité de la prêtrise à cause du péché est encore plus évidente lorsqu'on considère, l'ordre non de Melchisédek mais d'Aaron.


En Exode 19.6 le Seigneur dit : Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi, vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs.


Ceci était adressé à tout Israël, à toutes les tribus. Cependant seule la tribu de Lévi eut le privilège d'exercer le sacerdoce, car elle seule obéit à Moïse après l'épisode du veau d'or.


Le péché des onze autres tribus les avait rendues impropres à s'approcher directement de Dieu. Personne ne pouvait offrir des sacrifices sans passer par les lévites, personne ne pouvait confesser un péché à Dieu sans passer par eux. Et ceci était voulu de Dieu.


Qu'aurions nous dit si nous avions vécu à cette époque. Nous n'aurions trouvé aucun sacrificateur aussi compatissant que Christ. Quelle bénédiction est la nôtre de vivre dans cette époque de la grâce où le Fils de Dieu a été manifesté !:


Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce...


Le mot assurance, ici, est un mot assez souvent employé dans le nouveau testament et qui littéralement signifie tout dire. A notre excellent grand-prêtre nous pouvons tout dire. Il y a très peu de personnes à qui nous oserions tout dire, et même en fait à notre meilleur ami nous ne disons jamais tout.


A Jésus-Christ nous pouvons tout dire, il sait tout, il comprend tout, il peut compatir à tout. Comme l'a exprimé un juif converti, Saphir, la loi a été donnée afin que toute bouche soit fermée, le grand souverain sacrificateur est venu afin que toute bouche soit ouverte.


Nousavons toujours besoin de lui, pour obtenir d'abord le pardon de nos péchés, puis la grâce pour continuer, le secours au moment favorable.


JESUS LE GRAND SOUVERAIN SACRIFICATEUR


 


Jésus n'est pas seulement un sacrificateur, ni seulement un souverain sacrificateur, il est le grand souverain sacrificateur.


Un groupement de deux adjectifs qui désigne son caractère unique.


Le souverain sacrificateur était le chef des sacrificateurs, c'est lui qui pénétrait une fois l'an dans le Saint des Saints, le jour des expiations.


Il portait des vêtements spéciaux, le pectoral, l'éphod, la tiare.


Son onction se distinguait en ce que l'huile était abondamment répandue sur sa tête, tandis que l'on en aspergeait seulement de quelques gouttes celles des autres sacrificateurs.


Ceci nous fait penser à ce verset de l'évangile de Jean à propos de Christ :


Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure.


Aaron et tous les souverains sacrificateurs de sa descendance n'étaient que des images du grand souverain sacrificateur qui devait venir.


Jésus, pourtant n'était pas de la lignée d'Aaron. L'auteur va expliquer qu'il y a deux ordres de sacrificateurs, selon Aaron et selon Mechisedek, tous deux étant types de Christ mais dans deux périodes différentes de son ministère.


Aaron est le type de Christ sacrificateur dans son humiliation, Melchisedek est le type de Christ sacrificateur dans sa glorification.


Aaron offrait des sacrifices sanglants, préfigurations de la croix de Jésus ; Melchisedek, fit apporter du pain et du vin, éléments qui constituent justement le mémorial du sacrifice de Christ.


Avant de parler plus en détail de Melchisedek, l'auteur fait une longue parenthèse au chapitre 6.


Nous allons voir maintenant en quoi Jésus a satisfait aux qualifications d'un souverain sacrificateur, et en quoi il est le grand souverain sacrificateur, en quoi il les surpasse tous.


a) Tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes.


Condition absolument nécessaire, un ange ne pourrait être sacrificateur.


De même qu'un ambassadeur doit absolument avoir la nationalité du pays qu'il représente, celui qui représente les hommes auprès de Dieu doit lui-même appartenir à la race humaine.


Par un seul homme toute la race humaine est tombée, tous sont devenus pécheurs. Comment donc le plus honnête, le plus scrupuleux des prêtres serait-il pur devant Dieu ? Jésus est non seulement pris du milieu des hommes, mais il est le Fils de Dieu, le verbe incarné.


b) Etabli pour les hommes.


Aaron et ses descendants, établis seulement sur le peuple juif. Jésus établi comme grand souverain sacrificateur, d'abord sur les juifs ensuite sur toute la race humaine. Il est la lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Elevé sur la croix il attire tous les hommes à lui.


c) Afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés.


Aaron offrait des animaux, des boucs, des moutons. Et que peut offrir le meilleur des prêtres pour nos péchés ? Jésus, lui s'est offert lui-même.


d) II peut avoir de la compréhension pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage.


Nul n'était aussi compassionné aussi compréhensif que Jésus. Pensez au brigand sur la croix, à la femme adultère. Il n'est pas dit qu'il excuse nos péchés, mais qu'il compatit à nos faiblesses.


La nuance est que Dieu condamne toujours le péché et si nous pouvions le voir comme Dieu le voit, dans son essence foncièrement mauvaise, nous le haïrions aussi. Mais il connaît la faiblesse de notre chair combien elle a tôt vite fait de prendre le dessus sur notre esprit.


Il sait que le combat est grand pour veiller et prier. Il est venu dans une chair semblable à celle du péché mais sans jamais commettre de péché. Quand il est dit qu'il a été tenté comme nous en toutes choses,


Il faut comprendre qu'il a été éprouvé par toutes les épreuves, toutes les difficultés par lesquelles nous pouvons passer. Il n'a jamais bien sûr eu une lutte intérieure avec un péché personnel, puisqu'une telle lutte, fréquente chez nous, est le signe que le péché nous a déjà vaincu.


Or c'est justement une condition, pour compatir à la faiblesse d'autrui, que de ne pas être prisonnier des mêmes péchés que lui. Un ivrogne ne compatit pas au sort d'un autre ivrogne, il n'y devient sensible que s'il se libère de la puissance de l'alcool. Et bien souvent nous sommes davantage portés à blâmer les gens prisonniers de péchés qui ne nous atteignent pas.


e) Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron.


Il est normal que Dieu choisisse celui qui veut recevoir comme représentant des hommes. L'autorité du souverain sacrificateur est toujours d'origine divine.


Elle n'est jamais basée sur le mérite personnel. Christ pourtant, et remarquez que l'auteur dit ici Christ et non pas Jésus, aurait eu semble-t-il droit à ce titre de par sa nature de Fils de Dieu, de par son humanité parfaite.


Eh ! bien il est dit qu'il ne s'est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, il l'a tient d'une autorité divine, celui qui lui a dit :


Tu es mon Fils je t'ai engendré aujourd'hui. L'autorité divine du souverain sacrificateur était démontrée par la résurrection ; la verge d'Aaron fut celle qui refleurit parmi toutes les autres.


L'autorité divine de souverain sacrificateur a été démontrée par Dieu en le ressuscitant des morts. C'est à cette période là que se rapporte le verset 6 : Tu es sacrificateur pour toujours selon l'ordre de Mechisédek.


L'OEUVRE DU GRAND SOUVERAIN SACRIFICATEUR


Le souverain sacrificateur portait, lorsqu'il se présentait devant Dieu, sur ses épaules et sur sa poitrine une pièce de vêtement appelée le pectoral du jugement.


Douze pierres précieuses y portaient gravés les noms des douze tribus d'Israël. C'est cet office d'intercession que nous rappelle le verset 7.


Ce n'est pas pour lui que Jésus dans les jours de sa chair, priait avec grands cris et larmes. C'était pour nous, ce sont nos iniquités qu'il portait, c'est pour nous qu'il devait être sauvé de la mort, c.-à-d. ressuscité, il n'avait quant à lui aucune nécessité de mourir ; sa mort et sa résurrection étaient uniquement nécessaires pour notre salut.


Remarquez que cette intercession n'a pas eu lieu qu'à la croix, mais qu'elle a commencé et duré tous les jours de sa chair.


Il a appris, bien qu'il soit Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes.


Verset étonnant si l'on s'arrête à la première impression. Car pour nous apprendre l'obéissance c'est d'abord cesser de désobéir ; notre obéissance s'apprend souvent comme pour les mulets à coup de triques, au propre et au figuré.


Jésus n'a jamais eu en lui aucune désobéissance, aucune indépendance rebelle vis-à-vis de son Père. Son cœur a toujours été parfaitement disposé à obéir ; mais il fallait que cette obéissance devienne effective. Qu'elle ne reste pas à l'état de disposition mais qu'elle devienne action.


Ce fut l'œuvre de sa vie, faire la volonté de son Père. Elevé à la perfection ne signifie pas qu'il ait éliminé en lui des défauts, mais qu'il a parfaitement accompli la mission, le but pour lequel il est venu dans le monde.


Cette perfection a été atteinte sur la croix, lorsqu'il dit : Tout est accompli. Tout est parfaitement accompli. C'est ce que signifie cette racine grecque Teleo.


Ainsi il peut dit l'Ecriture parfaitement sauver tous ceux qui s'approchent de lui.


Tous ceux qui lui obéissent, de cette obéissance de la foi, qui consiste à se soumettre à la vérité révélée du haut des cieux, à plier le genou devant lui, à confesser qu'il est le Fils de Dieu, le seul Sauveur, le seul Seigneur.


Après l'avoir ressuscité des morts Dieu l'a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.


Il lui a conféré la plus haute gloire qui puisse exister, verset 10 Dieu l'ayant déclaré souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchisedek, c'est dire pour toujours.


Nous avons donc véritablement un grand souverain sacrificateur, un excellent grand prêtre, qui se tient pour nous devant Dieu. A Jésus, notre Seigneur, soit la louange et la gloire aux siècle des siècles !